[MSN] L'appel au secours des grands musées belges

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Thu Oct 5 20:45:57 CEST 2006


L'appel au secours des grands musées belges

e grands musées belges lancent un cri d'alarme : si le gouvernement ne 
leur octroie pas d'urgence des moyens financiers, ils seront contraints 
de prendre des mesures pouvant aller jusqu'à des fermetures. "Il ne 
s'agit pas de nous placer au-dessus de la ligne de flottaison, mais 
simplement de nous y ramener", résume Michel Draguet, directeur des 
Musées royaux des Beaux-Arts, à Bruxelles, où, faute d'agents de 
gardiennage en nombre suffisant, certaines ailes sont interdites au 
public sur le coup de midi et où il est impossible d'organiser une 
nocturne hebdomadaire.


Une étude réalisée par un bureau privé et publiée il y a quelques 
semaines évoquait la fermeture éventuelle du Musée d'art moderne. Au 
Musée de l'Afrique centrale, qui possède la plus grande collection 
ethnographique du monde, Guido Gryseels, le directeur, affirme que 1 
million d'euros lui suffirait pour embaucher des agents, assurer la 
sécurité du public et la protection des collections. Les Musées royaux 
d'art et d'histoire, le plus grand ensemble muséal belge, qui regroupent 
650 000 pièces, manquent de gardiens, de moyens informatiques, voire 
d'un simple inventaire.

10 MILLIONS D'EUROS

Dans une démarche inédite, dix responsables des "établissements 
scientifiques fédéraux" - dénomination qui englobe les musées - ont tu 
leurs divergences pour rédiger, fin août, un appel au conseil des 
ministres, réclamant d'urgence 10 millions d'euros supplémentaires. 
Pour, simplement, mener à bien des projets indispensables en termes de 
sécurité des visiteurs, de protection contre le vol et de préservation 
minimale d'un patrimoine estimé, il y a quelques années, à 6 milliards 
d'euros.

Au total, il faudrait au moins 30 millions d'euros annuellement - 30 % 
de plus que les subventions actuelles - pour ramener la situation des 
musées à la normale, beaucoup plus pour lancer de nouveaux projets et 
permettre à la capitale belge et européenne de tenir le rôle qu'elle 
revendique sur la scène internationale.

Après de longues années de tergiversations ou de désintérêt - "il y a 
quelques années, un ministre parlait de nous en nous désignant comme les 
"baraques scientifiques"", rappelle Guido Gryseels - les pouvoirs 
publics ont approuvé, en 2002, un plan ambitieux visant, notamment, à 
doubler, à terme, la dotation des musées. De nouveaux responsables, 
souvent très dynamiques, ont été nommés. Ils ont multiplié les 
initiatives, les projets et les partenariats mais se heurtent, à 
nouveau, aux dures réalités budgétaires et politiques d'un pays où la 
culture a été régionalisée, laissant les grands musées fédéraux dans une 
situation complexe.
Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 06.10.06

http://www.lemonde.fr



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