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Le pillage du château de Fontainebleau devant le tribunal

ANGÉLIQUE NÉGRONI.
 Publié le 27 avril 2007
Actualisé le 27 avril 2007 : 08h37

Treize oeuvres d'art avaient disparu lors du cambriolage du domaine. Un 
antiquaire néerlandais était jugé hier pour recel en bande organisée.
 
À L'ÉPOQUE directeur du Musée national du château de Fontainebleau, 
Amaury Lefébure gardera longtemps en mémoire cette nuit du 15 au 16 
novembre 1995. En quelques minutes seulement, un fric-frac sans 
précédent avait été commis sur le domaine, qui abrite plusieurs belles 
salles d'exposition consacrées à l'empereur Napoléon Ier. Treize 
superbes pièces - pendules, chars, vases et glaives d'apparat -, 
estimées à deux millions d'euros, avaient été dérobées.
 
« Un terrible épisode », selon ce directeur qui a dû, hier, se remémorer 
ce pillage mené selon lui par des professionnels. Sept ans après les 
faits, l'affaire était portée devant le tribunal correctionnel de 
Fontainebleau. Une audience qui s'est déroulée avec des bancs de 
prévenus bien dégarnis.
 
Trafic vers les États-Unis
Au lieu de pouvoir remonter tout un réseau de trafiquants d'art, 
l'Office central de répression et de lutte contre le trafic des biens 
culturels (OCBC) n'a pu interpeller que les receleurs présumés, trois 
antiquaires néerlandais, dont un seul était présent à l'audience. Chez 
eux, les policiers avaient retrouvé quelques objets, six au total ont 
été restitués au château. Parmi eux, deux vases de Sèvres, des pendules 
datant du premier Empire et un char en bronze.
 
À la barre, les explications ont tourné court. Ainsi, Franciscus Tanis, 
antiquaire extradé en France dans le cadre de cette affaire, se dit 
étranger à tout trafic. « Un marchand d'art a mis en dépôt-vente chez 
lui une pendule recherchée par les enquêteurs. Il ignorait la provenance 
frauduleuse de cette pièce », assène son avocate, Me Laure Tric.
 
Pourtant en se chargeant de l'enquête, l'OCBC était persuadé qu'il 
allait mettre au jour un vaste réseau européen de trafic d'oeuvres d'art 
après une série de pillages menés dans les années 1990 au préjudice de 
châteaux et musées. Parmi les sites visités, le Musée de la Renaissance 
du château d'Écouen, le château de Compiègne, de Courances dans 
l'Essonne ou encore le Musée d'Ile-de-France à Sceaux. Dans le même 
temps, des vols d'oeuvres d'art avaient été commis chez des particuliers 
en région parisienne et dans le sud de la France.
 
S'agissait-il d'une même équipe spécialisée qui sévissait sur tout le 
territoire ? À l'époque, l'OCBC avait soupçonné des gens du voyage. Sur 
la base d'éléments d'enquête, il avait par ailleurs estimé que les 
Pays-Bas étaient au coeur de l'affaire, érigés en plate-forme d'un 
juteux trafic où transitait la marchandise avant d'être expédiée aux 
États-Unis auprès de collectionneurs.
 
Dans ce coup de filet touchant le milieu des antiquaires, un nom s'est 
détaché. Celui de Petrus Schoofs, écroué dans son pays où il purge une 
peine pour trafic d'ecstasy. Chez lui, plusieurs objets précieux 
provenant de différents musées français avaient été saisis. A-t-il joué 
un rôle prépondérant dans ce commerce illicite ? L'enquête n'a pas pu le 
démontrer. Comme les deux autres antiquaires, il a été mis en cause pour 
des seuls faits de recel. Hier soir, le parquet a requis 30 mois de 
prison ferme - couverts par la détention provisoire - et 17 mois avec 
sursis contre Franciscus Tanis. Jugement le 28 juin.

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