[MSN] Canada. Le galeriste Desroches inculpé de vol

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Mon May 21 19:37:25 CEST 2007


Le galeriste Desroches inculpé de vol

André Cédilot

Le galeriste montréalais Bernard Desroches vient d'être inculpé de vol, recel et fraude au regard de la «disparition» de 27 tableaux et d'une sculpture de bronze qu'une veuve de 82 ans avait mis en consignation chez lui, en 2003. L'ensemble de ces oeuvres d'art est évalué à près de 150 000$.

Ce n'est pas la première fois que le réputé tenancier de la galerie d'art qui porte son nom, rue Crescent, a maille à partir avec la justice pour des histoires de vente de tableaux. En 1999, l'ancien ministre Marc Bellemare s'était fait rouler par Desroches, qui avait affirmé qu'une de ses toiles s'était vendue 60 000$, alors qu'il en avait reçu 115 000$. En échange de ses services, Desroches a touché une commission de 10 000$.

Collectionneur aguerri, M. Bellemare avait acheté un tableau du célèbre peintre hollandais Piet Mondrian, reconnu comme un des pionnier de l'abstraction, mort en 1944 à New York. L'avocat de Québec a découvert l'arnaque peu après en apprenant de l'acheteur lui-même, le peintre Guido Molinari, le prix qu'il avait payé pour le tableau. Il a vite porté plainte à la police. Le 23 mars 2001, Desroches a plaidé coupable au palais de justice de Montréal. Il a reçu une absolution inconditionnelle.

Selon la dénonciation nouvellement déposée en Cour du Québec, Mme Denise Valois des Trois Maisons a confié ses toiles à Desroches le 1er juillet 2003. Après la mort de son mari, la veuve, qui a alors 77 ans, quitte sa grande maison de Cartierville pour emménager dans un appartement à Laval. Ne sachant que faire de sa collection de tableaux, devenue encombrante, elle charge Desroches de tout liquider.

De santé fragile, et beaucoup moins intéressée par l'art que son défunt mari, Mme des Trois Maisons met quelques années avant de relancer le galeriste de la rue Crescent. Incapable de savoir ce qu'il est advenu de ses toiles, elle appelle son fils à la rescousse. Appels téléphoniques, visites à la galerie, rien n'y fait. Desroches ne rappelle pas, reste vague ou réclame un délai en promettant de tout restituer. Les mois passent, et le comptable de la famille s'impatiente. Le 6 octobre 2006, lors d'une rencontre organisée à la galerie, Desroches remet trois des tableaux. Il était censé en rendre 14.

Parmi les tableaux manquants, on en trouve de peintres aussi connus que René Richard, Stanley Cosgrove et Goodridge Roberts. Le bronze est l'oeuvre d'Alfred Laliberté. Sa valeur est estimée à 10 000$. Dans l'entourage de la famille des Trois Maisons, on parle d'une collection évaluée à quelque 150 000$.

L'affaire devenant de plus en plus troublante, et sa mère de moins en moins forte physiquement, le fils met un avocat dans le coup. C'est ainsi que le dossier se retrouve entre les mains des enquêteurs en oeuvres d'art de la Sûreté du Québec Jean-François Talbot et Alain Lacoursière.

Dossiers à l'étude

Bernard Desroches comparaîtra devant le tribunal le 27 juin prochain. Deux autres dossiers sont à l'étude au bureau de la Couronne.

Âgé de 80 ans, Desroches est considéré comme un spécialiste de la peinture canadienne des XIXe et XXe siècles. "Si j'ai tardé à payer Mme des Trois Maisons, c'est que j'avais des tracas financiers. Je devais aussi prendre soin d'une personne malade. Mais je vais payer tout ce que je dois", a-t-il dit à La Presse, hier.

Dès le début de la semaine prochaine, il prévoit déposer 125 000$ dans le compte en fiducie de son avocat en vue de régler le dossier. Quelques-uns des tableaux ont été volés dans sa boutique, tandis qu'il en a prêté d'autres à des marchands d'art. «Je fais des pieds et des mains pour les retracer», a souligné l'octogénaire.

Quant à ses déboires avec M. Bellemare, il soutient avoir respecté son contrat, «même que je lui ai donné plus que prévu pour la vente du tableau», a-t-il insisté. C'est sur la suggestion de son avocat qu'il affirme avoir plaidé coupable. «Je n'allais pas bien à l'époque, et je voulais en finir avec ça. Encore aujourd'hui, je regrette d'avoir suivi ce conseil», conclut l'homme d'affaires.

http://www.cyberpresse.ca




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