[MSN] Confronté au pillage de son patrimoine, l'Irak demande de l'aide

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Mon Nov 19 21:20:39 CET 2007


Confronté au pillage de son patrimoine, l'Irak demande de l'aide
Il y a 13 heures

PARIS (AFP) — L'Irak en plein chaos peine à protéger son patrimoine
culturel, objet de toutes les convoitises, et a besoin d'aide
internationale pour faire face au pillage et à la détérioration de ses
biens, ont averti mercredi à Paris des responsables irakiens réunis à
l'Unesco.

Entamée en 2003 avec le pillage du musée de Bagdad, dans le sillage
des troupes américaines entrées dans la capitale irakienne, la razzia
sur les objets archéologiques et culturels n'a jamais cessé, favorisée
par le chaos et l'anarchie régnant dans le pays.

La situation sécuritaire et politique a relégué en arrière plan la
question du patrimoine, mais il faut agir "tant qu'il en est encore
temps", a souligné la directrice générale adjointe pour la culture de
l'Unesco, Françoise Rivière.

"Nous sommes confrontés à un très grand défi pour préserver nos
monuments et nos sites des pillages", a expliqué le directeur des
fouilles au ministère irakien de la Culture, Qais Hussein Rashid,
présent à Paris dans le cadre d'une semaine culturelle irakienne
organisée à l'Unesco.

"Plusieurs mesures ont été prises, mais elles restent très modestes",
a-t-il dit. "Nous traduisons devant les tribunaux ceux qui sont pris à
piller, nous organisons des tours de gardiennage" sur les sites en
péril, a-t-il expliqué, reconnaissant qu'il s'agissait de "mesurettes"
comparé à l'ampleur des vols.

L'Irak a mis en place, avec l'aide de l'Unesco, une force spécialisée,
mais cette force compte 1.400 hommes pour 12.000 sites archéologiques
en Irak, a-t-il poursuivi. "Il nous faudrait des systèmes de
surveillance à distance, des barrières", a-t-il ajouté.

Or, selon M. Rashid, l'Irak fait face "à un plan très agressif de la
part des marchands d'art".

Les objets archéologiques et biens culturels irakiens suscitent de
grandes convoitises sur le marché de l'art, a rappelé Mme Rivière.

Certains objets pillés depuis 2003 figurent sur une liste rouge
dressée la même année par Interpol et le Conseil international des
musées. Mais le trafic prospère toujours, particulièrement sur
internet, a-t-elle noté, en appelant les pays occidentaux à un
moratoire sur le commerce de tous les objets en provenance d'Irak.

"Presque tous ceux qui décident du pillage sont extérieurs à l'Irak,
ce sont des bandes criminelles très bien organisées", a dit Amira
Idan, directrice des antiquités du ministère de la Culture, sans
entrer dans le détail.

"Nous avons lancé un appel aux pays voisins de l'Irak pour coopérer
avec nous contre le trafic", a-t-elle souligné, se félicitant d'une
saisie récente par la Jordanie de 1.615 pièces en provenance d'Irak.

Amman "s'est engagé à restaurer ces pièces et à nous les restituer
lorsque la situation le permettra", a-t-elle dit.

Le patrimoine culturel irakien est également menacé par le manque
d'entretien et la déshérence, a poursuivi Mme Idan, soulignant que
"les forces étrangères ont parfois participé à la dégradation des
sites".

Elle a cité "la destruction d'un portail historique" par des hummer
américains, ou encore les dégâts causés par l'installation, en avril
2003, d'une base militaire sur le site de Babylone.

Le Comité International de coordination pour la sauvegarde du
patrimoine culturel en Irak (ICC), parrainé par l'Unesco, s'est réuni
mardi et mercredi pour la première fois depuis deux ans.

"C'est un événement très important et nous espérons qu'il ouvrira les
yeux de la communauté internationale sur l'importance de notre
patrimoine", a déclaré le ministre irakien de la Culture, Abbas Al
Jaberi.

AFP


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