[MSN] L'horlogerie suisse devient la nouvelle cible des malfrats. Depuis cet été, pas moins de quatre sociétés prestigieuses ont été victimes de vols crapuleux en Suisse romande. Enquête sur un phénomène en recrudescence qui suscite de plus en plus d'inquiétude.

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Mon Oct 1 17:38:29 CEST 2007


L'horlogerie suisse devient la nouvelle cible des malfrats

CAMBRIOLAGES09:34 Depuis cet été, pas moins de quatre sociétés 
prestigieuses ont été victimes de vols crapuleux en Suisse romande. 
Enquête sur un phénomène en recrudescence qui suscite de plus en plus 
d'inquiétude.

C'est une véritable série noire, un mauvais sort qui s'acharne sur 
l'horlogerie suisse. Depuis cet été, pas moins de quatre sociétés 
prestigieuses ont été victimes de cambriolages en Suisse romande, 
presque coup sur coup. Le «casse» du Musée de Girard-Perregaux en 
juillet dernier marque le début des hostilités. Il y a deux mois, des 
malfrats profitaient d'un arrêt momentané des alarmes dû au nettoyage du 
musée de La Chaux-de-Fonds pour dérober une centaine de montres 
prestigieuses Girard-Perregaux, certaines datant du XVIIIe siècle.

Arrêtés quelques jours plus tard en compagnie de leur butin, les 
cambrioleurs semblent avoir fait des émules. Dans la nuit du 15 
septembre dernier, trois personnes ont défoncé à coups de bélier la 
vitrine principale de la manufacture Jaeger-LeCoultre, au Sentier. 
Bilan: une vingtaine de montres volées en quelques minutes seulement, 
pour une valeur assurance de plus de 155 000 francs.

Choc émotionnel

Et rebelote la semaine dernière. Le week-end du 22 septembre, c'était au 
tour de la société Isaswiss, une entreprise de mouvements horlogers 
située aux Brenets, dans le canton de Vaud, d'être visitée par 
effraction. Au même endroit, le samedi soir, des voyous se sont 
introduits dans les ateliers de Baume & Mercier pour tout
saccager.

«C'est une véritable catastrophe», soupire Michel Nieto,
directeur de Baume & Mercier. «Fort heureusement, toutes nos montres 
terminées sont enfermées chaque soir dans des coffres-forts inviolables. 
Les voleurs n'ont pris que quelques composants en or qui traînaient sur 
les établis. C'est probablement la frustration du maigre butin qui les a 
poussés à tout casser», estime-t-il, soulignant le choc des employés à 
la découverte de l'effraction. «Certains pleuraient. Le dommage est 
important, tant au niveau émotionnel qu'à celui de notre réputation. 
Certains composants qui ont été volés proviennent de montres en 
réparation. Imaginez la réaction de nos clients finaux», lance-t-il.

Pas de doute, l'horlogerie suisse est devenue une cible de prédilection 
des malfrats. Les yeux jadis rivés sur les bijouteries prestigieuses, 
les cambrioleurs vont aujourd'hui à l'origine même du luxe, les 
manufactures. Un phénomène dont la recrudescence va de pair avec la 
montée en puissance économique de l'industrie de la haute horlogerie. 
«Il est clair que l'embellie dont notre secteur jouit aujourd'hui 
suscite bien des envies. Certains voleurs sont appâtés par un domaine 
qu'ils ne connaissent pas et s'introduisent dans des lieux
où il n'y a rien à prendre», souligne Michel Nieto.

Et Jérôme Lambert, directeur général de Jaeger-LeCoultre de renchérir: 
«De nos jours, le
niveau de sécurité de nos détaillants est si perfectionné qu'il est de 
plus en plus difficile de cambrioler une boutique.
Les malfrats se tournent alors vers les manufactures et les musées», 
explique-t-il.

Filières mafieuses

Mais qui sont donc ces voleurs? Les experts les classent en deux 
catégories principales. D'un côté les voyous à la petite semaine, qui 
ravissent ce qu'ils trouvent, à l'image semble-t-il du cambriolage de 
Baume & Mercier. De l'autre, des bandes très bien organisées, 
appartenant à des filières mafieuses.

Le cas, visiblement, pour le hold-up de Jaeger-LeCoultre.

Des montres appartenant au patrimoine de la marque, des pièces de 
collection courante ou encore des prototypes ont été dérobés selon un 
mode opératoire dit professionnel. «Cette effraction est toutefois 
étrange, remarque Jérôme Lambert. Il semblerait que cette bande soit 
habituée à ce genre d'opérations et ait effectué un repérage avant de 
commettre son forfait. Mais la préparation minutieuse de cette opération 
ne cadre pas avec les pièces qui ont été volées. Pour la plupart, les 
montres subtilisées ne sont pas les plus chères. Et les cambrioleurs 
n'ont pas pénétré plus avant dans notre musée, où notre patrimoine 
horloger se trouve.»

A Genève, le directeur du Musée d'art et d'histoire Cäsar Menz connaît 
bien le problème. Situé à Malagnou, le Musée de l'horlogerie a subi l'un 
des plus grands casses de ces dernières années. Un matin de novembre 
2002, vers 5 heures, des malfrats défoncent la porte d'entrée du musée 
et dérobent en trois minutes 177 bijoux rarissimes, dont une quarantaine 
de montres en lice pour le Grand Prix de l'horlogerie. Estimation
du butin: 10 millions de francs. Seule une montre a pour l'heure été 
retrouvée, en 2005, chez un antiquaire londonien. «On ne prend pas de 
tels risques seul, résume Cäsar Menz. Ces voleurs sont non seulement 
très bien préparés, mais bénéficient certainement de contacts dans des 
réseaux mafieux internationaux afin de pouvoir écouler leur marchandise.»

Sécurité renforcée

Prises au dépourvu ces dernières semaines face à ce phénomène 
grandissant et inquiétant, les manufactures n'ont pas fait attendre leur 
réaction. Augmentation de la sécurité à l'intérieur, mais également aux 
alentours des bâtiments, telles sont les mesures qui ont été prises 
immédiatement après les vols. Chez Baume & Mercier, pas une barrette de 
quelques millimètres ne traînera désormais sur les établis.

Cambriolé pour la première fois depuis son histoire, Jaeger-LeCoultre va 
encore plus loin. L'ouverture de son musée au public est sérieusement 
remise en question. «En tout cas pour les six prochains mois, explique 
Jérôme Lambert. Le musée est inauguré cette semaine et nous allons 
tester notre dispositif de sécurité sur la durée».

http://www.24heures.ch




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